Je pense que …

Les Shadoks ont raison, plus ça rate, plus on a de chances que ça marche

Absurdes les Shadoks ?! Oui. Et non.

Oui, bien sûr, c’est même ce qui les rend irrestitiblement drôles.

Non, en fait, à bien y regarder, il y a un fond de vérité dans nombre de leurs célèbres devises. Prenons celle-ci par exemple : en essayant continuellement, on finit par réussir. Donc : plus ça rate, plus on a de chances que ça marche.

 

Plus ça rate, plus on a de chances que ça marche !

 

Plus ça rate, plus on a de chances que ça marche… Bon sang, mais c’est bien sûr ! Exactement ! Parce qu’à chaque fois que ça rate, on comprend un peu mieux, on infirme des hypothèses, on APPREND et donc on augmente ses chances que ça ne rate pas la prochaine fois.

Essayer. Se tromper. Apprendre et recommencer.

Ça paraît évident, un peu simplet même, posé comme ça. C’est ce que font les mômes, non ? Pourtant, passé, je ne sais pas, allez 9-10 ans, on a tous du mal à encaisser quand ça rate.

L’échec nous fait peur

Ça nous égratigne l’ego, c’est frustrant (on y croyait tellement). Et là haut, on aime pas « les plantades ». Résultat : pour se protéger, on garde ses idées pour soi. On se dit : « Comment ? Mettre mon bébé tout fripé entre les mains grossières (et sales !) du / de la premier.ère venu.e : no way, José ! Ma merveille va choper un truc, c’est sûr et c’est sans compter tou.te.s les béotien.ne.s qui vont la trouver laide ! ».

Donc, on se la garde au chaud, notre idée, on la peaufine encore et encore. Et quand enfin elle est « parfaite », on accepte de la lâcher dans le grand dehors.

Guess what : 9 fois sur 10, ça rate ! Et c’est la grosse cata ! Parce qu’entre temps, on en a investi des heures, on y a mis de soi, parfois même de son bon argent.

Apple II, Newton… avant l’iMac qui l’a relancée, Apple a plus d’une fois bu le bouillon avec des innovations géniales lancées à l’aveugle. La pomme a même failli ne pas y survivre (mais on connaît la suite).

Alors que si on l’avait partagée, notre idée, encore un peu bancale, esquissée à peine, et que ça avait raté, on aurait pu se réconforter en se disant que bon, après tout on avait pas vraiment creusé ceci ou cela, mais que maintenant qu’on sait, on va te la pimper vite fait c’tte idée et là…

Ça peut rater, encore, à cause d’un autre détail, qu’on a négligé. Et ça ne sera pas si grave : on respirera un bon coup, on ira faire autre chose, et on y réfléchira : qu’est-ce qui nous a échappé ?

Peut-être même décidera t’on de prendre le contre-pied : si ça rate comme ça peut-être qu’en faisant l’inverse ça marcherait. En tous cas, on en restera pas là. On remaniera, on affinera, on « pivotera » à la mode Silicon Valley.

On fera comme un chercheur qui pose des hypothèses, fait des expériences, revoit ses hypothèses fait encore plus d’expériences, jusqu’à parvenir (parfois, après de longues années) à vérifier une hypothèse.
On recommencera encore et encore, jusqu’à ce que ça marche.

Surmonter sa peur

Dans le dessin animé de Rouxel, les Shadoks échouent avec une constance désarmante. Ils ne cherchent pas à comprendre, ils persévèrent dans l’erreur. Mais les Shadoks sont… bêtes (très, et absurdes, vous vous souvenez).

Ni vous ni moi ne le sommes. Et là haut ? Sous pression, trop prudent.e.s parce que n’est-ce pas : des comptes à rendre, peu disposé.e.s, au fond, à sortir de la zone de confort du « qui a fait ses preuves » à moins qu’on démontre que ça en vaut vraiment la peine.

Mais ça se travaille cette aversion culturelle que nous avons tou.te.s pour l’échec. Dans le temps… En commençant par des choses simples :

  • mettre le risque en perspective de tout ce que ça va nous permettre d’apprendre une tentative même avortée,
  • ne pas s’autoflageller chaque fois qu’on se trompe mais prendre chaque erreur comme une occasion d’apprendre,
  • partager son plus bel échec du moment, perso ou pro, individuel ou collectif, avec d’autres,
  • mesurer son succès en nombre d’erreurs révélées…

Tous ces petits pas qui peuvent d’une façon ou d’une autre contribuer à mettre à distance notre peur de l’échec, par le rire, le jeu, l’humour, l’autodérision…

En ce qui me concerne, en bonne perfectionniste, c’est… un work in progress, à reprendre chaque jour (enfin, les bons, les autres, je préfère me lamenter sur l’injustice du monde) : « c’est un essai, pas grave si tu passes au travers… allez, c’est pas la mort du petit cheval non plus, c’est quoi au juste qui ne marche pas et qu’il faut juste éviter… ». Et j’en passe.

Pas simple de se défaire d’un conditionnement à l’œuvre depuis des années. Alors, ça m’intéresserait vraiment de savoir comment vous vous vivez vos petits échecs : avez-vous des trucs efficaces pour combattre votre peur du plantage ? Et si oui, soyez sympas, faites tourner ; – )

On en parle ?

C’est à vous ! Des retours d’expérience à partager ? Des interrogations ? Parlons-en !

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *