Je pense que …

Godard aussi a raison, on pense (mieux) avec nos mains

Dans l’introduction de son Livre d’Image, Jean-Luc Godard l’affirme avec force, citant Denis de Rougemont, « la condition de l’homme est de penser avec ses mains ». Le cinéaste a toujours présenté la conception d’un film comme un travail manuel, où les mains qui montent le film importent plus finalement que les yeux qui les enregistrent.
Bon, maintenant que j’ai fait ma maligne avec ma référence intello, en quoi ça peut intéresser le design ce que Godard a à dire de la fabrication d’un film ? Je pense que ce qui est vrai d’un film, l’est de toute œuvre de l’esprit : c’est dans l’aller-retour constant entre le dessein, l’intention, et le dessin, sa traduction tangible en ébauche, prototype… que prend peu à peu corps l’œuvre. Et justement, dessein et dessin, en anglais se traduisent par design. Vous voyez déjà mieux où je veux en venir, non ?

Le design, c’est une pensée qui s’incarne grâce aux mains. Et si le design thinking, le penser design est important pour imaginer des services et produits qui répondent à un besoin réel, c’est avant tout une posture intellectuelle, un état d’esprit. Ce qui importe réellement c’est sa mise en action, répétée. C’est le travail des mains : le fait de donner corps aux idées pour les rendre tangibles et le fait de pouvoir ainsi les mettre entre les mains de leurs futur.e.s utilisat.eur.rice.s. C’est le faire comme prolongement et aliment du penser. Au design thinking préférons donc le design doing et (ré)apprenons à penser avec nos mains (on le fait tou.te.s enfants) plutôt qu’avec nos seules têtes et langues.

On en parle ?

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