Je pense que …

Faire c’est penser, penser c’est faire

Le design pour l’autodidacte que je suis est un aller retour constant entre penser et faire. D’abord, c’est en faisant que j’ai appris, de mes échecs autant que de mes réussites. C’est en faisant que s’est précisée, aiguisée ma pensée. Ma capacité à formuler et projeter une intention, à l’incarner dans une forme, ma capacité aussi à faire un pas de côté pour prendre un recul critique sur ma pratique et ce qu’elle produit. Et, c’est en faisant que je me suis finalement autorisée à me penser designer.

Dans ma pratique, c’est s’attacher à la mise en formes des idées, aussi floues soient-elles, pour rater de mieux en mieux. Ou pour reprendre à mon compte la pensée d’un théoricien du design (et faire un peu savant), Stéphane Vial sur le processus créatif du designer : « Suivant la tradition cartésienne, on considère habituellement le processus créatif selon un modèle dualiste : on pense d’abord, on fait ensuite.[…] Le problème, c’est que cette dichotomie entre conception et exécution, envisagées comme deux phases à la fois distinctes et successives, est une vue de l’esprit complètement arbitraire. Séduisante d’un point de vue logique, elle est en réalité en contradiction totale et flagrante avec l’expérience et l’observation. »
Le peintre a t’il réellement en tête toute la palette des couleurs qu’il va employer devant sa toile blanche ? Ne se dessine t’elle pas plutôt au gré de ce qu’il fait, peint sur la toile ? N’en va t’il pas de même pour le sculpteur, le poète ou l’étudiant qui redige sa thèse, l’UX designer qui conçoit un site web…
Faire du design serait alors – comme le propose, pour Stéphane Vial, Tim Brown lorsqu’il redéfinit le design comme une méthode de pensée ou design thinking« considérer l’expérimentation avant tout comme un moyen d’engendrer de nouvelles idées : il faut de nombreux prototypes avant de proposer une idée valable. […] Autrement dit, en design plus qu’ailleurs,il faut se résoudre à faire pour penser, plutôt que de penser pour faire. »

À quoi j’ajouterai : et ne pas négliger de penser comment et avec qui on fait et comment ça joue sur ce qu’on fait .

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